
MIRACLEMAN – TOME 3: OLYMPE – CHRONIQUE BD @ ALAIN SALLES
Miracleman
Tome 3 : Olympe – par Alan Moore chez Panini
Miracleman, alias Michael Moran, a découvert les secrets du projet Zarathoustra, qui est à l’origine de ses pouvoirs. Pour la sécurité de sa famille, il a du tuer le Dr Gargunza, l’instigateur du projet pour l’armée. Pourtant, Liz, sa compagne, qui vient d’accoucher de Winter (déjà pourvu de l’usage de la parole !) semble être la proie de démons intérieurs, tandis que deux aliens métamorphes s’en prennent à Michael. Heureusement, le passé refait alors surface en la personne de Miraclewoman, disparue dans les années 60, et venue à la rescousse ! Malheureusement, Johnny Bates, alias Kid Miracleman, est de retour lui aussi, complètement fou furieux, un psychopathe à la puissance incalculable…

Ce tome 3 rassemble les derniers numéros scénarisés par Alan Moore (11 à 16) avant de laisser la place au talentueux Neil Gaiman (l’auteur de Sandman, qui connaît sa 4ème édition dans l’Hexagone chez Urban comics !). Moore sait soigner son récit, ménageant rythme, cohérence et réflexion sur la nature même du (super) héros et de sa mythologie, thème qu’il reprendra dans Watchmen (avec Ozymandias) mais aussi dans Supreme (deux tomes chez Delcourt).
Miracleman est tout puissant et c’est ce qui fait sa supériorité évidente sur un simple humain. Avec la tentation de se prendre pour une divinité au sein de l’Humanité, et, presque fatalement, imposer une partie de sa vision aux Hommes. Un despote éclairé, relativement loin de celui de Voltaire et des Lumières, qui tendra même à démocratiser les super-pouvoirs (thème que Moore développera plus tard dans Top 10 réédité chez Urban comics).

Le récit est parfaitement maîtrisé, mature, mais aussi un fervent hommage aux héros de l’âge d’or car l’auteur aime les super-héros qu’il a contribué -en partie !- à faire grandir, ou tout au moins évoluer, complexifier.
Côté dessins, John Totleben, qui collabora souvent avec Moore par la suite (Swamp Thing, Saga of the Swamp Thing, 1963), déploie son talent sur ce chapitre de Miracleman aux atmosphères contrastées, passant du rêve à l’horreur. Son style, proche de la peinture, est littéralement magnifié par la colorisation de Steve Oliff, sorte d’amplificateur des ambiances dessinées, qu’elles soient féériques, poétiques ou profondément horribles, comme la destruction de Londres et le massacre de ses habitants.
Le troisième tome de cette série d’exception se clôture sur deux histoires courtes tirées d’un annual sorti récemment, à l’occasion de la réédition de Miracleman. Si elles n’apportent rien au récit d’origine, dans lequel elles prennent place, les noms de Grant Morrison, Peter Milligan, Michael Allred et le trop rare Joe Quesada, vous donneront peut être une motivation supplémentaire pour vous procurer ce tome 3. Si tant est qu’elle soit nécessaire…
Alain Salles