
DIVINITY – MATT KINDT & TREVOR HAIRSINE – CHRONIQUE BD @ ALAIN SALLES
Divinity
Tome 1 : par Matt Kindt et Trevor Hairsine chez Bliss Comics
L’histoire : Abram Adams est un bébé abandonné… mais pas n’importe où : devant la maison d’un ministre russe en 1941. C’est l’état qui prit en charge son éducation, sa vie, pour en faire un parfait symbole de la réussite façon Union Soviétique. Elève brillant, il est choisi pour un programme spatial unique visant à supplanter les USA dans la course à l’Espace. Une mission de 30 ans qui doit le mener aux confins de la galaxie. Là-bas, il va rencontrer quelque chose qui va le changer à tout jamais. Revenu sur Terre, il crée une sorte de havre de paix en plein désert australien. Mais le Monde peut-il tolérer une telle puissance entre les mains d’un seul être ?

Bliss comics et une jeune maison d’édition bordelaise spécialisée – à ce jour, en tout cas – dans l’adaptation de comics Valiant, maison d’édition US qui connut son heure de gloire dans les années 90, et qui a repris ses activités récemment. Valiant « 2 » a rapidement mis en place un univers cohérent, assez proche de l’ancien (une sorte de reboot, si vous préférez) dans lequel les protagonistes des différentes séries présentent pourtant une identité propre.
Divinity n’échappe pas à la règle en développant un concept de science fiction tel que les auteurs ont pu le faire dans les années 60 et surtout 70 : l’humain touchant au divin ! Pour n’en citer qu’un (!), Arthur C. Clarke et son 2001, odyssée de l’Espace. Mais le scénario ne se limite pas à cet aspect. Comme dans les Watchmen (le Dr Manhattan), la notion du temps apparaît différemment, les époques se télescopant pour le héros, qui semble se revoir sans cesse à différents moments de son existence. Rêvée ou réelle.

Rassurez-vous, les artisans de ce récit, fait de beaucoup de lenteurs (mais pas d’inaction !), sont à la mesure du challenge. Le scénariste Matt Kindt est un auteur qui a pris son temps pour entrer dans la grande industrie des comics. Entendez par là sortir du circuit indépendant où ces œuvres ont connu un grand succès critique que ce soit en tant que dessinateur d’abord (Pistolwip) puis comme auteur complet ensuite (2 Sisters, Super Spy, Mind MGMT…). Mais aujourd’hui, il contribue largement à l’univers Valiant (Ninjak, Valiant, Unity, Rai…) malgré des écarts chez Marvel (Spider-Man : 99 problèmes…/Panini) voire DC (JLA). Quant à Trevor Hairsine, il a littéralement explosé dans Cla$$war (2004 chez Delcourt), avant de s’affirmer chez Marvel (Captain America, X-Men, Wisdom) puis de se consacrer principalement à la renaissance de Valiant (Eternal Warrior, Harbinger, X-O Manowar). Son graphisme est dynamique, élégant, dans un style proche de Bryan Hitch ou Alan Davis, deux britanniques de talent comme lui.
Divinity est une saga de science-fiction à la hauteur de ses ambitions, et, ce grâce à des auteurs confirmés qui n’ont pas hésité à prendre des risques. Bientôt la suite ?!
PS : le site de l’éditeur : http://www.bliss-comics.com/ présent sur Facebook également.
Alain Salles