
BATMAN: ARKHAM ASYLUM – CHRONIQUE BD PAR ALAIN SALLES
BATMAN : Arkham Asylum
Par Grant Morisson et Dave Mac Kean
chez Urban comics
L’asile d’Arkham est en proie au chaos. Ses pensionnaires se sont libérés et ont pris en otage tout le personnel présent. Le commissaire Gordon est sur place quand Batman surgit à sa demande. Le Joker exige que le justicier pénètre dans l’asile contre la libération des otages. Ce qu’il va faire au risque de sa santé mentale…
Arkham Asylum est un des titres (certains diront graphic novel) les plus traduits dans l’hexagone. Sorti en 1989 aux Etats-Unis, la première adaptation française revient à comics USA/Glénat en mars 1990 sous le titre Les fous d’Arkham. Suivront L’asile d’Arkham en 1999 aux éditions Reporter (réédité en 2004) puis en 2010 sous le même titre chez Panini. C’est Grant Morrison qui est à l’initiative de ce projet, resituant Batman dans un environnement qui concentre un aspect important de sa personnalité.
Comment Bruce Wayne pourrait-il être réellement équilibré après le double meurtre de ces parents sous ses yeux ? Mieux, il met un espoir cathartique dans la traque obsessionnelle des criminels sous la forme d’une chauve-souris humaine ?! Son destin et celui du fondateur de l’asile, Amadeus Arkham, se recoupent étrangement dans cet opus qui tient autant du cauchemar éveillé que d’un rêve sous hallucinogène. Une atmosphère étouffante de folie morbide est quasi omniprésente, rendue possible par l’excellent travail graphique de Dave Mac Kean (connu pour les couvertures de Sandman mais aussi Cages, Black Orchid et Violent Cases avec Neil Gaiman) qui mélange plusieurs approches du visuel à partir de photos, collages ou encore peintures.
L’ensemble est complexe, parfois à la limite de la lisibilité mais dans le but de nous faire toucher un peu plus la noirceur d’un lieu fui par toute forme de logique, sorte de Pays des merveilles totalement perverti (Lewis Caroll est cité au début et à la fin de Arkham Asylum). Bref, cette oeuvre est une réussite hors norme qui nous rappelle aussi que la folie est censée être l’ennemie de la normalité. Sauf que ce concept varie avec le temps et l’espace…
En bonus, dans cette édition ultime : le script de Morrison en fin de volume.
Alain Salles