midnight nation

MIDNIGHT NATION – CHRONIQUE BD D’ALAIN SALLES

 

Midnight Nation
Par J. Michael Straczynski et Gary Frank chez Delcourt

Le lieutenant de police David Grey enquête sur un meurtre commis dans une rue de los Angeles quand il succombe à l’attaque d’étranges créatures. A son réveil, il est devenu une sorte de fantôme, sans prise sur le réel. Jusqu’à ce que la mystérieuse Laurel n’entre dans son existence. et lui révèle qu’il n’existe que dans l’Entre-deux, le monde des délaissés, des abandonnés. Son âme se trouve à New York, et il a moins d’une année pour la récupérer avant qu’il ne devienne une des créatures responsable de sa propre mort…

midnight nation 4

Joseph Michael Straczynski vient de la télévision où il est devenu célèbre comme le grand artisan de la série de science fiction Babylon 5, après des débuts de scénaristes sur d’autres séries TV. Après avoir adapté quelques scénarios de la série pour les comics, il lancera Rising Stars, pour Image comics avant d’entreprendre ce qui demeure aujourd’hui une de ses oeuvres les plus personnelles mais aussi les plus abouties : Midnight Nation !

MIDNIGHT-NATION

De son côté le dessinateur Gary Frank, révélé par sa brillante prestation sur Hulk dès 1993, a poursuivi ensuite avec la série à succès Gen 13 au côté du scénariste John Arcudi chez Image (publiée par Semic chez nous à partir de 1999) et une oeuvre personnelle Kin, restée en suspend. C’est à ce moment là qu’il se voit proposer les pinceaux sur Midnight Nation. Cette mini-série a marqué un tournant dans leur carrière respective, démontrant une rare complémentarité d’auteurs. Le scénario de Straczynski démarre comme un thriller fantastique assez classique avant de tourner à la quête spirituelle/initiatique avec de nombreux éléments issus (entre autres) du Christianisme (l’Ange déchu, le sacrifice etc.).

Le voyage de David, accompagné par Laurel, contient également une grande part d’autobiographie, comme le scénariste nous l’explique dans la postface. A défaut d’avoir marché pendant un an à travers le pays (encore que…), il a fait l’expérience du monde des exclus de la sociétés, des parias, ceux qui vivent surtout la nuit. De fait, des observations sociétales essaiment le déroulement du récit, qui acquiert une complexité progressive et enrichi un texte où la quête existentielle touche à la métaphysique L’action proprement dite reste en retrait même si le trait explicite de Frank, qu’on pourrait rapprocher de celui de Chris Weston (The Twelve/Panini/Marvel), sait en donner un reflet saisissant.

mn_banner

Bien que déjà publiée dans l’hexagone par le passé, cette nouvelle édition de Midnight Nation rend hommage à son contenu (qui peut critiquer l’impeccable contenant des volumes Urban comics !) et se permet un bonus avec le Midnight Nation 1/2 qui parachève l’oeuvre.
Déjà un classique !

Alain Salles