
KARPATT @ DIEGO ON THE ROCKS
INTERVIEW KARPATT #285
Pour sa première édition, le BIG BLUE FESTIVAL de Bouliac (33) n’a pas eu de chance ! A peine commencées, les festivités ont été logiquement interrompues par décision préfectorale suite aux incendies de Gironde. Néanmoins, notre chroniqueur Diego a rencontré le trio KARPATT dans les loges juste après leurs balances afin de réaliser cette interview. Malheureusement le groupe n’a jamais pu se produire ce soir là. Toute l’équipe Musiques En Live apporte son soutien aux organisateurs de l’évènement et leur donne rendez-vous l’an prochain.
Diego : Pouvez-vous me présenter le trio KARPATT ?
Fred : Nous existons depuis 30 ans, le premier album est sorti en 2002 mais nous avions commencé quelques années auparavant. Jessie s’occupe des percussions, je gère les guitares / voix et Hervé est contrebassiste.
Diego : (Malgré l’annulation annoncée après cette interview) Est-ce particulier de participer à la première édition d’un festival ?
Hervé : Je suis Bordelais et c’est un copain d’enfance d’Andernos (Vincent de Sortie 13) qui m’a contacté pour nous produire au Big Blue Festival. Beaucoup d’amis seront présents ce soir.
Diego : Quels sont vos mots préférés et vos mots détestés ?
KARPATT : Le mot détesté d’Hervé est « Chef ! », Fred « Silence » et Jessie « Chut ! » Pour les préférés, « Pontault-Combault », « Palombière », « Pinasse », « Friandise », « Schtroumf »…
Diego : « Pinasse » et « Palombière », je connais l’origine ! Votre dernier titre « Vélo » est sorti le 17 juillet dernier, êtes-vous fans du tour de France ou écolos ?
Fred : On peut être les deux ! J’essaie d’être le plus « green » possible même si on peut toujours faire mieux. Le Tour de France est un autre délire car la compétition et l’argent qui tourne autour ne sont pas forcément « green » malgré l’objet en lui même qui est très écologique.

Diego : Je suis toujours surpris de la foule conséquente que cet évènement génère !
Fred : Hallucinant ! En plus le nouveau prodige français Paul Seixas est présenté comme le successeur de Bernard Hinault et cela déplace le public. Derrière le tour, il faut souligner la dureté de ce sport qui est parmi les plus difficiles.
Hervé : Je n’aime pas le vélo ! Je respecte les sportifs qui en pratiquent mais je préfère le judo et le rugby. C’est même chiant à regarder.
Diego : Je suis comme toi ! Je préfère pratiquer le vélo en salle avec un objet connecté en guise de TV. Après les vélos des compétiteurs sont passés de 15 à 8 kilos en quelques décennies…
Hervé : Moi aussi je suis passé de 68 à 80 kilos ! (rires)
Diego : Pareil concernant la marge de progression !
Fred : Les vélos en carbone ont cédé la place au titane et ils coutent 10 000 euros pièce !

Diego : Quels souvenirs gardez-vous des travaux avec Mano Solo ?
KARPATT : Ce n’est pas du travail mais plutôt une rencontre musicale qui a donné sur une belle amitié humaine. Des tournées communes et il nous a invité à l’Olympia pour jouer en première partie, un sacré souvenir ! En plus il nous aimait bien.
Jessie : Malheureusement je n’étais pas encore dans le groupe… je n’étais pas né ! (rires)
Hervé : Mano Solo avait beaucoup de caractère, il était sensible et nous lui avons sauvé la mise une fois. Sa copine était très gentille.
Diego : Votre travail amène de nombreux plaisirs et des rencontres. A la base une passion qui te permet d’en vivre !
Hervé : D’ailleurs le mot « travail » est comme le mot « chef », je n’aime pas ! Je n’ai pas envie d’y aller, m’amuser oui mais travailler non. C’est un vrai sujet !
Diego : Votre dernier album « En Escale » date de 2023, quelle est la suite ?
Fred : Nous jouerons à « La Bellevilloise » de Paris pour la release party du prochain disque le 26 novembre. Il sera commercialisé quelques jours auparavant et comprendra les singles déjà disponibles comme « Vélo », « Goudron », « Boite aux Lettres » et « Sauve là ». C’est inhabituel pour nous de publier plusieurs extraits avant l’album mais c’est au goût du jour. Il s’appellera « Au Compte Goutte » en rapport avec cette actualité régulière et échelonnée. Tous nos albums ont été baptisés en fonction des conditions d’enregistrement : « A l’Ombre des Ficus » car j’en avais un dans mon jardin, « Dans le Caillou » car nous étions dans une grotte, « Montreuil » pour la ville d’enregistrement, « Sur le Quai » car nous étions sur le quai de Dieppe…
Hervé : « Dans de Beaux Draps » car nous étions enroulés dans des draps !
Diego : Un clip est-il prévu prochainement ?
Fred : Nous avons fait quelques images mais il n’y a pas de clip pour l’instant. Actuellement nous sommes concentrés sur les dernières chansons de l’album à venir (mixage et enregistrement).
Diego : Y’a t’il des collaborations ?
Fred : Dans ce nouvel album, il y a Alee & Mourad de La Rue Ketanou sur la chanson « La Tirade » qui parle d’un bar Parisien aujourd’hui fermé. L’accordéoniste Pierre Luquet qui est présent sur pas mal de titres, le batteur François Causse qui a joué avec Vol de Nuit et se renvoie la balle avec Jessie en studio. En featuring nous avons également Guizmo de Tryo.
Hervé : On attend l’accord pour Clara Luciani et Julien Doré… (rires)

Diego : Avez-vous un rituel avant de monter sur scène ?
KARPATT : On boit un coup, du rhum ou du Vouvray, surtout Hervé !
Diego : Bon choix le Vouvray, c’est de chez moi ! Pour finir, quels sont les plus beaux concerts que vous ayez vécus en tant que spectateurs ?
Fred : Sans hésiter, Allain Leprest à Charleroi en Belgique lors d’un festival où nous jouions il y à une bonne quinzaine d’années. Il est décédé peu de temps après. Egalement Steel Pulse.
Jessie : Cypress Hill au Cabaret Vert à Charleville Mézières.
Hervé : Le premier qui me revient est David Bowie à Bercy en 2003 avec Gail Ann Dorsey. Pulp à l’Olympia, Divine Comedy, les Stranglers car je suis fan de JJ Burnel. Les Têtes Raides au Bataclan. Nous avions joué avec eux à Bordeaux et Mano Solo. J’aime aussi le jazz dont Miles Davis à Andernos.
Diego : Bowie, Cypress Hill et Stranglers, excellents ! Merci les gars, à bientôt pour votre nouvel album !
KARPATT : Merci.
Remerciements : Eric, directeur du BIG BLUE FESTIVAL / François Caillaud / Vincent de Sortie 13.
Relecture : Jacky G.