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INTERVIEW THE SILENCERS @ DIEGO ON THE ROCKS

INTERVIEW THE SILENCERS

Groupe mythique Ecossais rescapé des années 90, The Silencers seront en concert le samedi 31 janvier à l’Espace Encan de La Rochelle. 

Notre chroniqueur qui avait assisté à la tournée « So Be It » en 1995 au Bataclan a pu voir leurs dernières représentations en 2025 au Metronum de Toulouse (31) et au Rocher de Palmer de Cenon (33). Il est élogieux lorsqu’il évoque les performances de Jimme O’Neill avec son nouveau band devenu familial. Diego a pu l’interviewer pour Musiques En Live.

Diego : Où a été enregistré l’album live qui sort ces jours-ci baptisé « Roads & Roots » ?
Jimme O’Neill : Durant la dernière tournée Française. Notre ingénieur du son capte tous les concerts et il a trié les meilleurs passages de nos derniers spectacles. Notre maison de disques était partante malgré mon scepticisme suite au succès relatif du dernier album en public datant de 2006.
Diego : Et cela reflète réellement l’ambiance survoltée de vos derniers concerts auxquels j’ai assisté !
Jimme O’Neill : Merci ! Ce disque a nécessité beaucoup de travail entre les lignes de voix et le mixage. A la première écoute du résultat, j’ai été bluffé par la qualité sonore !
Diego : Moi aussi ! Il faut dire que le dernier disque studio « Silent Highway » est qualitatif avec des titres imparables comme « Western Swing », très efficace en live !
Jimme O’Neill : Oui. J’ai eu de très bons retours de cet album surtout après une quinzaine d’années d’absence ! Il y a eu beaucoup de travail, je n’étais pas certain d’en avoir le courage en plus de mes projets parallèles moins énergivores.
 
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Diego : Quel rapport trouve t’on entre l’excellent livre de Kérouac « Sur La Route » qui date de 1957 et cet album « Roads & Roots » ?
Jimme O’Neill : C’est un jeu de mots en rapport avec « Silent Highway », « Roads » et « Roots« . Les routes et les racines en Français. J’ai de suite pensé à Jack Kerouac avec son livre que nous avons tous lu dans notre jeunesse. Je m’en souviens, j’étais en école d’architecture en Ecosse. J’ai de suite compris qu’il fallait que je parte pour aller sur la route, notamment l’été pour assister aux festivals de musique. J’ai vu énormément de concerts avant de devenir musicien professionnel. Ma timidité m’empêchait d’imaginer une carrière. J’ai fondé les Fingerprintz à la fin des années 70 et j’ai découvert l’industrie musicale.
Diego : 40 ans plus tard, The Silencers est devenu un groupe familial avec le départ de certains musiciens et l’arrivée de tes enfants James et Aura ?
Jimme O’Neill : Exact. C’est aussi ça les racines de « Roads & Roots« . A Glasgow, les familles jouent avec leurs parents, entre oncles et tantes. Nous reprenions les titres des Dubliners et des chansons folks Ecossaises.
Diego : D’ailleurs, ton batteur Français Baptiste Bondy (Delgrès, Jean-Louis Aubert) fait également partie de ta « famille musicale » ?
Jimme O’Neill : Complètement ! C’est un batteur fantastique. J’ai connu Baptiste grâce à un ami des Happy Drivers alors qu’il n’avait que 16 ans. Jeune, c’était un prodige et le hasard fait que nous sommes tous les deux nés le 3 avril et tous les deux gauchers ! Deux béliers qui ont un sacré caractère…
Diego : Quelle est ta méthode pour composer des chansons aussi mélodiques que « I Want You » et « I Can Feel It » ? J’en entends une le matin, je l’ai pour la journée en tête !
Jimme O’Neill : J’ai du talent ! (rires) C’est instinctif. Je prends mon temps pour écrire les paroles car j’aime que les chansons aient un sens et c’est différent pour la mélodie. Cela sort tout de suite, l’oreille et quelques accords font la différence. Si cela me reste en tête, c’est bon signe ! J’écris en permanence et ai abandonné le travail sur ordinateur. A l’ancienne avec un carnet dans lequel il faut trier toutes les idées, plus ou moins bonnes.
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Diego : Après les concerts Français fin janvier – début février, une autre tournée est-elle prévue ?
Jimme O’Neill : Nous jouerons en Espagne prochainement avec ferveur. Les Français et les Espagnols sont sensibles à nos mélodies, même s’ils ne comprennent pas tous les textes. Ma référence est Léonard Cohen et j’essaie d’être aussi bon que lui, sans prétention. J’espère jouer cet été.
Diego : Côté sport, lorsque tu regardes un match de rugby France-Ecosse, quelle équipe supportes-tu étant donné que tu vis en Bretagne depuis des dizaines d’années ?
Jimme O’Neill : L’Ecosse bien sur ! Avec ma femme, nous aimons regarder les matchs de rugby et de foot dans les pubs. Je porte mon maillot de l’Ecosse en France. Tu ne pourrais jamais faire ça en Angleterre !
Diego : Quels sont les artistes Français musicaux que tu apprécies ?
Jimme O’Neill : Plein ! Celui qui me vient en tête directement est Serge Gainsbourg que j’ai découvert grâce à mon ami Alsacien Philippe. « Je T’Aime Moi Non Plus » est la première chanson sur laquelle j’ai dansé un slow avec une fille à l’école en Ecosse. En Grande Bretagne, notre culture est plutôt Rolling Stones et Beatles, chez vous c’est Piaf, Brel, Brassens et Gainsbourg. J’aime beaucoup les festivals rock Bretons, notamment le Binic Folk Blues. Après, je suis hétéroclite malgré une préférence prononcée pour le rock.
Diego : Pour finir, quels sont les plus beaux concerts que tu as vécus en temps que spectateur ?
Jimme O’Neill : J’étais jeune et s’il ne doit en rester qu’un, le festival « Isle Of Wight » en aout 1970 avec Jimi Hendrix, The Doors et Joni Mitchell ! 5 jours de folie. J’étais hippie à cette époque, perché en haut d’une colline avec mes amis. Je me souviens également d’une édition des Vieilles Charrues incroyable avec Manu Chao et Noir Désir en 2001.
D’ailleurs je conseille à tes lecteurs d’aller aux concerts car le live n’a rien à voir avec l’écoute des albums !
Diego : Raison pour laquelle on viendra te voir à La Rochelle le 31 janvier ! Merci Jimme et à bientôt !
Jimme O’Neill : Salut Diego.
 
 

  • Remerciements : Bruno Labati – Let It Buzz
  • Photos : Officielles
  • Relecture : Jacky G.