
INTERVIEW MPL @ DIEGO ON THE ROCKS
INTERVIEW MPL
Formé en 2012, le groupe « Ma Pauvre Lucette » devenu MPL est composé des 5 membres suivants : Julien Abitbol à la guitare, Cédric Bouteiller au chant, Andreas Radwan à la basse, Manuel Rouzier en deuxième guitare et Arthur Dagallier aux machines. Ce dernier a accepté l’interview proposée par Musiques En Live avant leur concert au Rocher de Palmer de Cenon pour défendre « Bisou Magique », 4ème album publié le 13 février dernier.
Diego : Pour les novices, comment définis-tu le genre musical de MPL ?
Arthur : Entre nous, on se définie comme « chanson pop ». Longtemps, notre univers était difficile a « caser » car nous chantons en Français mais jouer de la pop est notre objectif. Une musique qui touche un public assez large.
Diego : J’avais noté « pop Française sautillante » !
Arthur : Et bien c’est parfait ! Tous les morceaux ne sont pas sautillants mais le terme est juste.
Diego : Et c’est difficile de percer en 2026 car votre public est connaisseur pour un groupe qui passe peu en radio !
Arthur : C’est vrai mais on sent une évolution. Nous n’avions pas de velléités à devenir professionnels et à force de produire de la musique et de la publier sur YouTube, nous avons créé une communauté. 4 ans plus tard notre premier album est sorti (2015), sous forme de compilation de nos premières chansons, nous avons tourné et décidé de quitter nos boulots respectifs en 2018 pour nous consacrer exclusivement à la musique.
Diego : Et ce passage là, devenir professionnel avec le risque que cela engendre, comment l’as tu vécu ?
Arthur : La décision venait également de notre entourage qui était professionnel et plus au fait de notre avenir. C’était le bon moment. Nous n’étions jamais disponibles ensemble à cause du boulot mais l’opportunité venant, nous avons franchi le pas. A savoir que nous avions tous des tafs qui permettaient de revenir en cas d’échec. Nous avons franchi les étapes une par une, rencontres, musique, album, concerts, professionnels. Tu fais bien de souligner que le public est fidèle car nous passons rarement en radio.

Diego : D’autant plus atypique dans la pop si l’on vous compare au rap ! Quel retour d’expériences fais-tu de l’album « En Montgolfière » qui suivait « Bonhommes » dans une version acoustique planante ?
Arthur : A la base c’est débile. Nous avons fait un crowdfunding pour le projet « Bonhommes » et nous cherchions un truc exceptionnel si l’on atteignait les 200% d’auto-financement. Après avoir joué dans un festival près d’un rassemblement de montgolfières, nous avons proposé un concert dans ce moyen de transport original. Passé les 200%, il fallait tenir nos engagements mais c’est difficile compte tenu de la place dans la nacelle ! Au final, nous avons joué une live-session en montgolfière qui a été publié sur les réseaux. Pour répondre à ta question, c’était plus galère que prévu, notamment le son et l’image. Le résultat est très satisfaisant.
Diego : Comment adaptez-vous les titres de « Bisou Magique » sur scène pour cette tournée qui débute à Cenon ?
Arthur : Lorsqu’on créer un album, nous avons la contrainte de ne pas nous perdre dans des versions trop longues pour garder une certaine énergie. En live, tu peux couper un morceau, doubler ou tripler un pont, passer en acapella… toutes ces transformations que tu évites sur disque. Faire chanter le public est primordial. Néanmoins les morceaux sont calibrés car les lights doivent suivre.
Diego : Côté vestimentaires sur scène, vous êtes en « orange de travail » comme dans certains clips ?
Arthur : Non ! Nous avons les mêmes tenues que dans le clip de « Ton Visage » qui font également notre visuel sur les affiches.
Diego : Comment est né le duo avec Ben Mazué, « Fleur Bleue » ?
Arthur : Nous souhaitions produire des featurings depuis longtemps. Entre « Bonhommes » et « Bisou magique », nous avons été invités par plusieurs artistes et avons cherché les gens qui correspondaient à notre univers musical. Notre chanteur Cédric a bossé avec lui et c’était une évidence que nous collaborions. Nous lui avons envoyé 3 brouillons, il a choisi « Fleur Bleue » et en deux jours nous avons enregistré et tourné le clip.
Diego : Une vidéo très « capillaire » ! (rires)
Arthur : Oui et étant chauve, je me suis retrouvé coiffeur ! (rires) L’idée vient de notre bassiste Andreas.
Diego : Parlons d’un autre artiste. Qui en veut à Julien Doré dans votre groupe ? (rires)
Arthur : C’est un rêve ! Cédric a rêvé qu’il était avec Julien Doré, assis sur un muret à se tenir la main… histoire véridique ! On a tous rigolé, cette blague est devenue une chanson qui a fini sur notre disque.
Diego : Avez-vous eu son retour ?
Arthur : Non ! On attend…
Diego : Surtout qu’il doit être bon public pour les blagues ! Plus sérieusement, « Les Enfants Perdus » est une chanson triste qui te concerne plus particulièrement ?
Arthur : Tout à fait. J’attendais un enfant et ma copine l’a perdu a deux semaines du terme. J’étais au fond du trou, nous étions sur la fin de la production de « Bisou Magique » et mes comparses ont eu l’idée d’une chanson « pour Arthur ». Notre réalisateur Nicolas et eux ont écrit un titre pour ma compagne et moi qui ne devait pas être publié. Avec elle, nous l’avons énormément écouté et trouvé plusieurs moyens de se réconforter. Tellement touchés par leur geste, j’ai demandé à ce qu’il soit ajouté à l’album. Cette chanson relate leur point de vue de « copains proches ».
Diego : Bravo pour cette cohésion ! Autre sujet plus joyeux, que devient « Lulu » ?
Arthur : C’est un des titres fondateurs de MPL ! Il nous a un peu dépassé et Cédric le définit bien : « Un mythe qu’on a créé pour parler de nous sans parler de nous ! » Nous avons trainé cette histoire qui a été déformée dans d’autres chansons qui n’avaient rien à voir, l’ampleur a été énorme et nous avons arrêté depuis 2022 d’en parler. Le sujet est clos.
Diego : Donc je ne peux pas te demander si « le cul de Lulu peut mener à son visage qui sourit, qui est là pour la vie dans ma tête » ? (rires)
Arthur : C’est marrant parce que les paroles de « Lulu » de 2015 peuvent mener à « Ton Visage » de 2026… la musique est géniale car une fois que les morceaux sont sortis, ils ne nous appartiennent plus !
Diego : La genèse et le sens vous appartiennent !
Arthur : Certains voient la mort ou le deuil pour exprimer le manque de quelqu’un. A chacun sa lecture.

Diego : Te concernant, quelles sont tes influences musicales ?
Arthur : Nous avons tous des influences différentes. Me concernant, j’aime les musiques de films, d’ambiance. J’écoute peu de chansons à texte. Parfois j’écoute à fond des artistes par une envie soudaine comme récemment TheWeeknd. J’aime les gros synthétiseurs des années 80. Pour les autres membres du groupe, Julien vient du rock, Andréas écoute du rap US des 90’s et de la funk, Cédric est très musique actuelle Française et Manu passe de Brassens au rap Français.
Diego : Le groupe MPL a t’il un rituel avant d’entrer en scène ?
Arthur : Non. C’est un instant bizarre. A une époque, nous nous amusions à faire un faux échauffement vocal, pour déconner avec les techniciens locaux. Perso, je ne suis pas stressé et je revisite intérieurement mes interventions entre deux chansons car je suis le plus bavard.
Diego : Enfin, quels sont les plus beaux concerts que tu as vécus en tant que spectateur ?
Arthur : Deux me viennent en tête immédiatement, Peter Gabriel à Lyon en 2003 avec une scène circulaire et Olivier Libaux, un guitariste décédé aujourd’hui et qui a fait un album de reprises de Queen Of The Stone Age en bossa-nova. Je l’ai vu au Silencio à Paris en 2013, un club créé par David Lynch ! Ces deux concerts m’ont marqué à vie même s’ils sont radicalement opposés.
Diego : Merci Arthur et belle tournée au groupe !
Arthur : Merci à toi.
- Remerciements : The Publicists – Pauline
- Photos : Officielles
- Relecture : Jacky G.