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INTERVIEW #207 – LOUIS BERTIGNAC @ DIEGO ON THE ROCKS


INTERVIEW 207 : LOUIS BERTIGNAC

A 69 ans, Louis Bertignac a publié un 7ème album solo et entame une nouvelle tournée. En 5 décennies, l’ex-Téléphone fédère son public en proposant des disques originaux et en mouillant le maillot sur scène. Il sera en concert le 30 novembre 2023 au Théâtre Femina de Bordeaux, Diego a pu l’interviewer pour Musiques En Live. 

 

Diego : Quel retour d’expérience fais-tu de la tournée “Insus” en 2016/2017 ?

Louis Bertignac : C’était très sympa. Nous étions contents de nous retrouver même si musicalement ce n’était pas très instructif car nous jouions toujours les mêmes morceaux. Des petites salles aux zéniths en passant par le stade de France, le public était très impatient de nous revoir.

Diego : D’ailleurs le groupe Bordelais Datcha Mandala a assuré la première partie au stade de France. Comment s’est passée la rencontre ?

Louis Bertignac : J’ai rencontré Datcha Mandala car ils jouaient dans un festival en même temps que moi et j’ai pu écouter leur prestation après l’un de nos concerts. Leur son m’a plu immédiatement et j’ai été les saluer après leur show, nous avons échangé. Ensuite ils sont venus dans mon studio à la maison pour enregistrer quelques maquettes et j’ai voulu les inviter à jouer au Stade de France. Nous sommes en contact et je ne désespère pas de les revoir avec moi sur la route.

Diego : Super ! On aime beaucoup les Datcha Mandala ! Dans ton actualité récente, tu as sorti un bouquin qui s’appelle “Jolie Petite Histoire”. Tu parles de ta passion musicale, de ta famille, de tes amis, de certains excès, du public. Est-ce un livre-bilan ou un livre-confession ?

Louis Bertignac : Un peu les deux ! C’est un livre où je me raconte comme je pourrais en parler à mes enfants. Depuis 20 ans, un certain nombre de journalistes et d’éditeurs me demandaient d’écrire un bouquin avec eux. J’avais peur d’engager le processus et un ami de mon manager qui s’appelle Guy Carlier (le chroniqueur) m’a persuadé que c’était le bon moment. Après le Covid et ma tournée annulée, il m’a convaincu qu’il était temps de laisser une trace à mes enfants et à ma famille par ce biais. C’est comme si je racontais ma vie à mes proches.

Diego : Pourtant c’est un livre pour les mélomanes et pas uniquement réservé aux fans ! D’ailleurs le nouvel album baptisé “Dans Le Film De Ma Vie” n’est-il pas la suite logique de ce livre ?

Louis Bertignac : Faut pas exagérer malgré le titre “Le Film De Ma Vie” qui me raconte. La pochette est un mélange entre le Bertignac jeune et le vieux,  d’ailleurs je me préfère avec des cheveux blancs ! L’album n’est pas un bilan comme le bouquin. Plus le temps passe et plus je parle de choses qui me sont chères comme ma famille, la peur de l’avenir, l’envie d’amour, l’espoir que j’ai dans le futur. Ce titre résume ma vie en 3 minutes alors que le livre fait 360 pages. C’est une chanson parmi d’autres.

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Diego : “C’est Le Soir” est une superbe chanson aux sonorités piano / guitare qui interpelle tout le monde. On aimerait tous retourner le sablier du temps qui passe !

Louis Bertignac : Tu l’as dit ! Et plus le temps passe, plus on aimerait le retourner !

Diego : Comment Zak Starkey, fils de Ringo Starr et batteur d’Oasis (et des Who) s’est-il retrouvé sur ton album ?

Louis Bertignac : Je trouvais que cette chanson sonnait Beatles. Je voulais avoir le père ou le fils sur cette chanson pour que la boucle soit bouclée. Un ami lui a envoyé les bandes sonores par mail et Zak a répondu directement oui ! Il m’a retourné les pistes de batterie et s’est arrangé pour que Gabriel Jagger, fils de Mick filme les parties où on le voit dans le clip… j’ai donc un fils de Rolling Stones sur une partie de la vidéo et un fils de Beatles à la batterie pour cette chanson !

Diego : En parlant de Zak, penses-tu qu’Oasis peut se reformer ?

Louis Bertignac : J’en doute… s’ils se reforment ça va durer trois jours ! C’est dommage car ils ont beaucoup de  talent.

Diego : Dans cet album on remarque la présence de Frédéric Chateau qui est un musicien reconnu de la profession. Qu’apporte t’il ?

Louis Bertignac : Le pire étant que nous ne nous connaissons toujours pas physiquement ! Il m’a apporté deux titres qui me collent à la peau car j’ai cru comprendre qu’il était “fan” de mon travail. Ses paroles sont les miennes et il m’a donné le titre de l’album. Nous devrions re-collaborer ensemble prochainement. Concernant ses disques dans les années 80,  j’ai plus une base musicale Anglo-Saxonne et suis très peu calé en musique Française.

Diego : “Ne Crack Pas” est-il le titre le plus rock ? Fais-tu ton méa-culpa ?

Louis Bertignac : Non au contraire car je n’ai aucun regret. C’est une façon de dire aux personnes qui font une addiction aux drogues qu’il est possible de décrocher. Ne désespérez-pas ! Effectivement le titre est très rock !

Diego : Cela me rappelle une citation de Jean-Louis Aubert qui dit régulièrement en concert que “La drogue c’était bien avant que le sport ne s’en mêle…”

Louis Bertignac : (mort de rire) Oui, il en a plusieurs comme ça !

Diego : Malgré certaines chroniques assassines, qu’as-tu pensé du dernier album des Stones ?

Louis Bertignac : Je n’ai pas aimé le premier single mais j’aime beaucoup le disque. Ma femme l’a acheté et j’ai écouté ça au réveil, de bons titres qui ressemblent à l’époque “Some Girls”. Perso, je le trouve vraiment bon et ça me laisse de l’espoir de voir ce qu’ils arrivent à publier à 80 ans ! (rires)

Diego : Excellent ! D’ailleurs le titre “La Loose” est-il un clin d’oeil aux Stones ?

Louis Bertignac : Non c’est un blues sans référence particulière. En plus, blues et loose ça rime… j’en ai trouvé quelques unes. L’Andalouse un peu jalouse, ça m’a fait marrer.

 

 

Diego : En parlant de rimes en “loose”, tu es passé au Cognac “Blues” en 2019. Quels souvenirs en gardes-tu ?

Louis Bertignac : C’est un festival où je me suis éclaté. J’ai un très bon bon souvenir de Cognac !

Diego : Avec quels musiciens tournes-tu actuellement ?

Louis Bertignac : J’ai une super équipe et n’ai vraiment pas envie que cette tournée s’arrête ! A la batterie Jimmy Montout, aux claviers Jean-Max Mery et à la basse mon vieux copain Ichame Zouggart surnommé “Zou”.

Diego : A quoi doit s’attendre le spectateur qui viendra te voir à Bordeaux le 30 novembre mais aussi sur les autres dates ?

Louis Bertignac : Musicalement une grosse partie du dernier album. 50% le dernier disque, 25% Téléphone et 25% le Bertignac d’avant.

Diego : Cool ! Et quelques reprises comme d’habitude ? Je pense à ton disque “Origines” sorti en 2018 et à tes nombreuses influences musicales.

Louis Bertignac : De moins en moins. L’album est génial à interpréter sur scène donc j’ai l’impression de jouer mes groupes préférés avec mes chansons !

Diego : Donc tu reprends du Bertignac ! As-tu un rituel avant de monter sur scène ?

Louis Bertignac : Non aucun. J’accorde ma guitare et bois une potion pour chanter. D’ailleurs je ne vapote plus sur scène.

Diego : Quels sont les meilleurs concerts que tu as vécus en tant que spectateur ?

Louis Bertignac : Y’en a plein ! Les Rolling Stones en 1969 au palais des sports de Paris et en 1973 à Bruxelles. Malheureusement, je n’ai pas vu Hendrix ni les Beatles. Sinon The Who aux abattoirs est également un grand souvenir. J’ai vu Deep Purple et Led Zeppelin mais les salles étaient dégueulasses au niveau du son, donc ce n’est pas un souvenir impérissable. Plus récemment j’adore Blackberry Smoke dont je ne rate aucune date sur Paris et les Who à l’U Arena de Nanterre, c’était vachement bien. Dylan à l’époque où il chantait encore…

Diego : As-tu vu que Clapton est annoncé depuis aujourd’hui à Bercy en mai ?

Louis Bertignac : Ah ouais ? Chérie note-le ! (elle est à proximité).

Diego : Pour finir, des projets ?

Louis Bertignac : Je regarde les dates de concerts prévus et il n’en reste qu’une vingtaine… j’angoisse à l’idée de déjà clôturer cette tournée. Mon manager va tenter de caler des concerts pour la fin 2024 !

Diego : Merci Louis pour cette belle interview et à bientôt en concert !

Louis Bertignac : Merci Diego, porte-toi bien !

 

  • Remerciements : Charlène d’EUTERPE et Barbara Bonte
  • Relecture : Jacky G.