
INTERVIEW MADAME ROUGE @ DIEGO ON THE ROCKS
INTERVIEW MADAME ROUGE
Depuis 15 ans, le groupe MADAME ROUGE est spécialisé dans les covers et il dissèque le répertoire populaire des années 80/90 pour réarranger ces tubes devenus cultes.
Emilie, François, Gabriel, Romain et Max sont des amis de longue date qui ont décidé de franchir le « pas » en enregistrant un EP disponible depuis le 28 novembre 2025. « 22:22 » sent le pop-rock dont les quinquagénaires raffolent, la chanteuse et le guitariste du groupe ont accepté de rencontrer notre chroniqueur Diego avant un concert au B11, lieu familier pour nos Aquitains.
Diego : Le nom de votre groupe est-il en rapport avec les Comics car Madame Rouge est un personnage de grande méchante ?
François : Nous l’avons découvert après !
Emilie : Mais tu es le premier à nous poser la question ! Notre premier nom était « Red And The Tie » (NdA : Le rouge et les cravates) et nous avons constaté rapidement que le nom était difficile à prononcer et que le public ne comprenait pas. Un soir de mariage dans une ambiance Anglo-Saxonne, la mariée m’a appelée avec son accent « Madame Rouge » car j’ai les cheveux de cette couleur. C’est resté !
François : A cette époque, nous ne faisions que des mariages et le nom n’avait pas réellement d’importance. Dès que cela est devenu plus sérieux, le nom Madame Rouge s’est imposé.
Emilie : Et cela m’évitait de l’épeler et de l’écrire ! Comme des adresses e-mails que tu ne retiens jamais ! Par contre sur scène, nos tenues peuvent rappeler certains super-héros !
Diego : Emilie, quels sont tes modèles de chanteuses / chanteurs ?
Emilie : J’adore ceux des années 80. Freddie Mercury en premier. Concernant les femmes, j’aime Lady Gaga qui est une super chanteuse, musicienne et une performer incroyable. J’aime les gens qui ne s’interdisent rien. Elle ose, elle existe, elle change régulièrement d’univers, de la simplicité à l’extravagance. Il faut avoir un message et s’il y a un côté énigmatique qui t’empêche de décrocher le regard, c’est encore mieux.

Diego : Te concernant François, quels sont les guitaristes que tu admires ?
François : Y’en a plein ! Je suis fan de hard-rock et ai grandi avec Randy Rhoads. Durant nos concerts, nous faisons un mélange entre « Mourir sur Scène » de Dalida et « Crazy Train » d’Ozzy Osbourne. J’ai commencé la guitare à 16 ans, le « Blues Alive » de Gary Moore était ma référence. Egalement Slash de Gun’s And Roses. Après j’aime le style des tatouages que tu arbores comme Midnight Oil, The Cure et Depeche Mode qui sont également mes influences !
Diego : De très bons choix, merci ! Depuis le 28 novembre 2025, vous avez enfin franchi un pas dans la création artistique en publiant un EP de chansons originales. Pourquoi ?
François : Nous le souhaitions depuis longtemps. Initialement, notre groupe était programmé pour des covers revisitées. A 5 musiciens, nous sommes réunis sur notre passion des années 80/90 mais avons des univers différents. Dès que tu envisages de la création personnelle, il faut trouver des points communs. Tu connais désormais les gouts d’Emilie et moi-même. Concernant nos comparses, Gabriel aime le jazz et le hard-rock, Romain le bassiste est très funk, disco et musique populaire, enfin Max est fan de rap et de reggae. Le plus difficile est de plaire à tous dans nos compositions et de ne pas dérouter notre public qui est fidèle. Emilie et moi-même adorons le métal symphonique comme Nightwish mais le public ne s’y retrouverait pas. Nous avons fait plein d’erreurs dans nos premières compositions, avons appris en nous éloignant des chansons populaires. Fin 2024, nous avons opté pour ce son années 80 avec des guitares et voix démonstratives tout en prenant des risques avec des passages instrumentaux. 3 mois ont été nécessaires pour aboutir à nos titres.
Diego : D’ailleurs, qui fait quoi dans l’écriture ?
Emilie : François et moi-même imaginons un riff de piano, nous créons une ébauche puis la retravaillons en groupe. Les textes sont de François.
François : C’est compliqué ! Nous avions très envie de chanter en Français et les premières chansons ne s’y prêtaient pas. Dans l’EP, tout est en Anglais mais nous avons de nouvelles compositions qui arrivent dans notre langue. Après, il est possible de mélanger les genres, ce que faisaient très bien Shaka Ponk et Noir Désir. Néanmoins lorsqu’il s’agit d’une culture étrangère, ce n’est pas évident.
Diego : D’ailleurs, en écoutant « Legend » et « Ricochet », cela me rappelle les soeurs Wilson de Heart ou Pat Benatar !
François : Carrément ! Et merci pour la comparaison !
Diego : Pourquoi l’EP s’appelle t’il « 22:22 » ?
Emilie : Dans la chanson « Animal », Francis Cabrel a dit « Il y a une heure où tu vas sentir le signal, te sentir animal ». 22:22 est l’heure fétiche de François !
François : Cette heure à un truc. Un effet miroir, d’ailleurs c’est également le titre d’une chanson pour l’instant inédite.
Diego : Comme 11:11 et 00:00 ! Vos deux concerts de release party à Sortie 13 ont-ils été festifs ?
François : Un putain de stress…
Emilie : Un super accueil, complets sur deux soirs. Nous avions enfin un support à vendre et cet objet a permis deux concerts mémorables pour nous. J’ai également stressée, je n’avais pas encore toutes les paroles en tête…
François : Une fois fini, c’était génial. Beaucoup de gens étaient présents et nous avons franchi une étape. Sans revirement, nous continuons notre métier de groupe d’animation populaire mais depuis cette release party, nous mélangeons les genres et incluons nos compositions.
Diego : Et c’est flatteur ! Avez-vous un rituel avant de monter sur scène ?
Emilie : Avec François, on se touche l’index ! Et s’il me manque une de mes bagues fétiches, je ne monte pas sur scène !
François : Pareil pour les guitares, si tu as mal joué avec une guitare, tu deviens superstitieux !
Diego : Comme les joueurs de foot avec leurs slibards préférés ! (rires)
François & Emilie : Exactement !
François : Le caleçon avec lequel tu as eu un problème technique, tu le jètes direct !
Diego : Toujours s’arranger pour que ce slip là soit sale le jour J ! (rires)
Avec qui aimeriez-vous diner, un personnage culturel mort ou vivant de votre choix ?
François : J’aurais aimé rencontrer Gary Moore pour parler musique, pareil pour Django Reinhardt car je suis un dingue de jazz manouche. J’ai eu un groupe durant 12 ans. Pour finir, je suis fan d’Eddy Mitchell, je kifferais de passer un moment avec lui. Je l’écouterais parler et me raconter sa vie, son autobiographie est décousue mais j’adore, malgré sa réputation pas très sympathique.
Diego : Comme Sardou ! Pas très bonne réputation mais un talent incroyable.
François : J’ai croisé Eddy dans l’ascenseur de la patinoire Mériadeck lors de son dernier concert à Bordeaux. J’ai pas osé lui parler excepté « bonjour ».
Emilie : Il y en a deux me concernant, Freddie Mercury et Celine Dion.
Diego : Pour l’un des deux, c’est encore possible ! (rires)
Emilie : Effectivement ! Quelle carrière ! J’aimerais connaitre ses astuces vocales et le déroulé d’une vie de star. Pour Freddie, comment on gère tous les excès !
François : Queen comme les Beatles sont inégalables en talent !

Diego : Tu m’étonnes ! Pour finir quels sont les meilleurs concerts que vous avez vécus en tant que spectateur ?
François : Le premier ! Le groupe de métal Brésilien Angra avec des guitaristes incroyables à la Rock School Barbey. A cette époque, pour voir le guitariste, il fallait être au premier rang. Egalement, la tournée « Pulse » de Pink Floyd aux Quinconces à Bordeaux en 1994. Un moment hors du temps. Sans avoir bu, je ne me rappelle de rien tellement c’était grandiose !
Emilie : Pascal Obispo pour la tournée « Les Fleurs du Mal » en 2007 à Bordeaux. J’ai également pris une grosse claque visuelle au Hellfest avec Till Lindemann, le chanteur de Rammstein. Il est fou ! Le batteur est incroyable et ils étaient habillés en rouge ! Comme un signe…
Diego : Merci à vous deux !
François & Emilie : Merci à toi !
- Remerciements : Karlito
- Photos : Officielles
- Relecture : Jacky G.